Cercle

Arthur Chaussy

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13 rue des fauvettes, 77390 Verneuil-l'Étang
cercle.arthurchaussy@laposte.net


MANIFESTE

LE CERCLE ET SES ANIMATEURS

ARTHUR CHAUSSY, L'UN DES QUATRE-VINGTS

SOIRÉES-DÉBATS



10 juillet 1940.

    "Il y aura cette année 70 ans, les parlementaires français étaient convoqués au Grand Casino de Vichy dans un climat désespérant de débâcle nationale. À qui faire porter le chapeau du désastre ? À des gouvernants divisés et sans vision d'avenir, sans doute. Mais pour certains, c'est au parlement surtout, aux institutions républicaines qu'il faut faire endosser la défaite. En étranglant "la gueuse", selon l'expression coutumière de Charles Maurras, la France pourra se rapprocher des régimes autoritaires et des dictatures européennes.
    L'âme du complot contre la République sera Pierre Laval, ancien avocat socialiste passé depuis longtemps dans le camp opposé, et le bénéficiaire, le vieux maréchal Pétain (84 ans!) qui s'apprête à demander l'armistice avant de s'engager dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Comment les parlementaires seine-et-marnais ont-ils réagi le 10 juillet 1940, quand Laval leur présente un projet de loi qui enterre le régime républicain?
    Les communistes ont, depuis 1936, deux députés. Émile Fouchard, élu de Chelles, avait immédiatement condamné le pacte germano-soviétique de 1939. Il vote contre. Roger Benenson, député de Provins, a longuement hésité à désavouer la stratégie de Staline. Trop longuement car lorsqu'il s'y décide, la Chambre a prononcé la déchéance des élus communistes restés fidèles au Komintern. Roger Benenson ne pourra aller voter. Arrêté puis déporté au camp de concentration de Drutte où il mourra, sa conduite courageuse lui vaudra d'être réhabilité lors de la Libération et déclaré "mort pour la France".
    Au parti socialiste, Arthur Chaussy, député de Melun, n'accepte pas la fin des principes démocratiques. Il n'est pas défavorable à la réforme de l'État mais considère insupportable le bradage des institutions républicaines. Il vote contre. René Arbeltier, député de Coulommiers, troublé par la tournure des évènements, hésite puis se résoud à voter pour. Il ne tardera pas à le regretter et s'engagera dans la résistance active. Il sera réhabilité sans difficulté en 1945.
    Au centre, deux élus souvent antagonistes. L'avocat Jacques-Louis Dumesnil, sénateur-maire de Fontainebleau, ancien radical passé peu à peu à la droite. Il vote pour. À l'opposé, le marquis François de Tessan, député de Meaux, resté fidèle à la gauche. Troublé comme Arbeltier, il vote pour lui aussi, mais rejoint bientôt le camp de la Résistance. Arrêté, déporté, il ne reviendra pas du camp de Buchenwald où il meurt en 1945.
    À droite, le sénateur Courtier, absent de Vichy, ne pourra prendre part au vote. Le député-maire de Montereau-fault-Yonne, Charles Baudry, et le sénateur Ouvré votent pour.
    Au total, les parlementaires seine-et-marnais qui eurent la force d'âme de ne pas plier le genou le 10 juillet 1944, ou qui se rachetèrent rapidement en participant à la Résistance, donnent statistiquement du département une image somme toute honorable. Si l'on ajoute à ces élus de conviction le sous-préfet de Provins, Valentin Abeille, martyre des nazis, et le préfet Voizard, engagé plus tard dans la Première armée française, la Seine-et-Marne, terre d'élection de nombreux réseaux résistants, n'a pas démérité en juillet 1940."

     Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, député honoraire de Seine-et-Marne, président du Cercle Arthur Chaussy.
 

 

MANIFESTE

 
Le Cercle a été fondé par un certain nombre de Seine-et-Marnais, élus et non-élus, qui souhaitaient disposer d'un lieu de rencontre et de discussion, sans a priori ni sectarisme.


Par le passé, le Cercle a organisé des soirées-débats sur les plus importants sujets du moment, avec l'appui de conférenciers de qualité. Parmi les thèmes alors retenus : les institutions judiciaires (avec le magistrat Roland Kessous), l'aménagement du territoire (avec Yves Dauge), la génétique (avec le chercheur Michel Fournier).

Les bouleversements politiques survenus depuis une vingtaine d'années obligent à un nouveau regard que les partis, tels qu'ils sont constitués, ont souvent du mal à manifester. Pourtant, jamais la politique, au sens noble du terme, ne paraît aussi indispensable, face aux défis contemporains : jamais l'homme qui jusqu'à présent, luttait pour se concilier la nature, n'a acquis une telle responsabilité vis à vis de lui-même et de sa propre espèce.

Comment dans ces conditions espérer peser sur l'avenir sans chercher à comprendre les extraordinaires – et dangereuses – évolutions naissant des surcapacités inouïes de l'humanité.


Rien ne changera si l'on en reste à la répétition des formules anciennes, si l'on ferme les yeux sur ce que sont en train de devenir notre environnement, la mondialisation des responsabilités, la stérile iniquité des conditions sociales et les risques irréversibles que la légèreté et l'incompétence de la politique réduite au travestissement médiatique font courir à nos sociétés.

On peut, certes, attendre que d'autres marquent le chemin du salut, en espérant que les solutions proposées soient pertinentes. Mais rien ne se fera sans l'adhésion populaire.

Autant commencer, ici et maintenant, avec la modestie qu'impose l'espace restreint où nous vivons.

C'est le but que le Cercle Chaussy se fixe aujourd'hui. Il invite tout un chacun au dialogue et propose comme thèmes principaux pour 2008-2009 :

D'ores et déjà, des intervenants de haut niveau ont accepté d'animer les débats du Cercle dont les soirées-débats auront lieu chaque fois dans une ville différente de Seine-et-Marne.

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LE CERCLE ET SES ANIMATEURS

 

Le bureau du Cercle pour 2007-2008 :

 

Président :

Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, député honoraire de Seine-et-Marne.

 

Vice-présidents :

Jacky Laplace, conseiller général de Melun-nord, questeur de l'assemblée départementale.

    Chargé de la trésorerie :

Jacques Pontonne, petits-fils d'Arthur Chaussy, maire-adjoint de Pamfou.

 

Secrétaire général :

Alain Coulamy, ouvrier des Monnaies et Médailles.

 

Secrétaire général adjoint :

Alain Gaxatte, enseignant.

 

Trésorier adjoint :

Sébastien Podevyn : cadre territorial.

 

Membres :

Micheline Maréchal, Martine Turgis, André Alcheik, Jean-Pierre Biaggini, Michel Bisson, Dominique Carotine, Christian Cibier, Alain Gaxatte, Yves Régnier, Philippe Sainsard.

 

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ARTHUR CHAUSSY, L'UN DES QUATRE-VINGTS

 

La vie exemplaire d'élu républicain.

 

Ouvrier tailleur de pierre, originaire du Gâtinais, Arthur Chaussy, né en 1880, appartient dès son adolescence à la classe ouvrière dont il deviendra au fil des années l'un des militants les plus actifs et les plus déterminés.

 

Il s'engage très tôt dans l'action revendicative, aide au groupement des ouvriers dans un secteur industriel encore embryonnaire en Seine et Marne, ainsi qu'à la syndicalisation des ouvriers de l'agriculture aux salaires et aux conditions de vie misérables.

 

Il adhère bientôt au parti socialiste, unifié pour la première fois de son histoire depuis 1905. En 1919, il est élu député pour la première fois dans un département où les socialistes ne détiennent encore qu'un très petit nombre de communes et sont privés de toute représentation au Conseil général.

 

Lorsque trois ans après la Révolution d'octobre, les partis socialistes européens sont mis en demeure d'adhérer à la Troisième Internationale et de se constituer en partis communistes, Arthur Chaussy contre l'avis de l'écrasante majorité des adhérents seine-et-marnais refuse la scission décidée en décembre 1920 au congrès de Tours.

 

Il reste fidèle au parti socialiste dont il entreprend aussitôt la reconstruction dans son département.

 

Il mène au Palais Bourbon une action énergique et ferraille avec les militants communistes qui n'apprécient guère la fermeté de ses convictions. En 1928, ils appliquent brutalement la tactique « classe contre classe » et plutôt que se désister aux élections législatives en faveur de Chaussy arrivé largement en tête à gauche, favorisent l'élection d'un notable réactionnaire en maintenant leur candidat au second tour de scrutin.

 

Écarté pour un temps de la Chambre des députés, Chaussy démultiplie alors son action sur le terrain, notamment dans la région de Brie-Comte-Robert, chef lieu de canton où il est élu maire.

 

Réélu en 1932 et 1936, ses nombreuses interventions parlementaires touchent à peu près à tous les aspects de la situation politique et sociale, à la défense de la paix et de l'arbitrage international des conflits. Il contribue particulièrement à l'amélioration du sort des ouvriers agricoles en faisant voter une loi qui interdit désormais aux gros fermiers de loger leur personnel « à la paille », dans les étables et les écuries.

 

Arthur Chaussy jouit alors d'une immense popularité. Il effectue modestement ses tournées à bicyclette et il lui arrive, quand personne ne peut le loger, de se reposer parfois quelques heures dans les meules de blé qui parsèment la campagne !

 

En 1940, le député Chaussy refuse de laisser tomber la République entre les mains de ceux qui se préparent à négocier avec l'envahisseur nazi, avant de collaborer avec lui. Avec 79 collègues du Sénat et de la Chambre des députés, il refuse les pouvoirs demandés par Laval pour légitimer le renversement des institutions et installer Pétain au pouvoir.

 

Maire de Brie-Comte-Robert, il fait enterrer publiquement et aux frais de la commune plusieurs soldats français noirs que les troupes allemandes fanatisées par l'hitlérisme, avaient fusillés contre toutes les lois de la guerre.

 

Lorsque le gouvernement supprime l'élection des maires dans les communes de plus de 5000 habitants, le préfet de Seine-et-Marne, discrètement favorable à la résistance, propose de « nommer » Chaussy à Brie. Il s'attire une fière réponse : « Les conditions qui me sont imposées me semblent de nature à porter atteinte à l'indépendance de ma conscience en m'imposant un désaveu de mon passé. Il m'est impossible d'accepter les fonctions de Maire nommé après avoir exercé pendant dix ans celles de Maire élu au suffrage universel ».

 

Rendu à la vie privée, Chaussy soutient discrètement ceux qui, de plus en plus nombreux en Seine-et-Marne, plongent dans la clandestinité. A la Libération, il se range parmi les sages qui souhaitent que l'épuration ne se trompe pas d'objectif et frappe de préférence les hauts personnages, fonctionnaires ou non, qui après avoir collaboré sont passés à travers les mailles complaisantes du filet judiciaire.

 

Cette modération ne plaît guère à certains « résistantialistes » qui avaient, dès avant la seconde guerre mondiale, contesté l'action de Chaussy, sans faire eux-même la preuve de leurs compétences militantes.

 

Chaussy, malade du cancer qui devait l'emporter bientôt, est alors victime d'une cabale peu loyale qui parvient, en toute illégalité, à le faire exclure du parti socialiste. Cette mesure, prise localement, paraît si scandaleuse que Léon Blum et Daniel Mayer réintègrent aussitôt Chaussy. Mais le mal est fait. Chaussy s'éteint en décembre 1945.

 

Léon Blum écrira de lui : « Il était un compagnon sûr et inébranlable, un ami invariablement fidèle, un coeur simple, vaillant et chaud. Puissent ce nom et ce souvenir inspirer à ceux qui viendront après lui la même foi et la même abnégation ».

 

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SOIRÉES-DÉBATS

 

0ù va la Défense nationale ? La France, l'Europe, l'OTAN, le monde, général (cr) Henri Paris.
Vendredi 1er février 2008 à 20h30

L'enfant, face aux violences, Claire Brisset. 
Vendredi 30 mai 2008

À quoi sert un parti socialiste en 2008 ? Jean Catsiapis.
Vendredi 3 octobre 2008

Tertiarisation de l'économie, nouvelles relations sociales, nouvelle gouvernance, Christophe Salmon.
Mardi 10 février 2009, 20h30.
Salle Madame Sans-gêne, Pontault-Combault.

Face aux fondamentalismes, aux stratégies communautaristes, à la montée des intégrismes politico-religieux, quelles valeurs promouvoir ? A la veille d’élire nos représentants au Parlement de l’Union, quel peut être le rôle de l’Europe pour un monde pacifié et plus sûr ? Antoine Sfeir.
Mardi 26 mai 2009, 20h30.
Espace Saint Jean, Melun.

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