Arthur Chaussy
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MANIFESTE
LE CERCLE ET SES ANIMATEURS
ARTHUR CHAUSSY, L'UN DES QUATRE-VINGTS
SOIRÉES-DÉBATS
Le
Cercle a été fondé par un certain
nombre de
Seine-et-Marnais, élus et non-élus, qui
souhaitaient
disposer d'un lieu de rencontre et de discussion, sans a
priori
ni sectarisme.
Par
le passé, le Cercle a organisé des
soirées-débats
sur les plus importants sujets du moment, avec l'appui de
conférenciers de qualité. Parmi les
thèmes alors
retenus : les institutions judiciaires (avec le magistrat Roland
Kessous), l'aménagement du territoire (avec Yves Dauge), la
génétique (avec le chercheur Michel Fournier).
Les
bouleversements politiques survenus depuis une vingtaine
d'années
obligent à un nouveau regard que les partis, tels qu'ils
sont
constitués, ont souvent du mal à manifester.
Pourtant,
jamais la politique, au sens noble du terme, ne paraît aussi
indispensable, face aux défis contemporains : jamais l'homme
qui jusqu'à présent, luttait pour se concilier la
nature, n'a acquis une telle responsabilité vis à
vis
de lui-même et de sa propre espèce.
Comment dans
ces conditions espérer peser sur l'avenir sans chercher
à
comprendre les extraordinaires – et dangereuses –
évolutions naissant des surcapacités
inouïes de
l'humanité.
Rien
ne changera si l'on en reste à la
répétition des
formules anciennes, si l'on ferme les yeux sur ce que sont en train
de devenir notre environnement, la mondialisation des
responsabilités, la stérile iniquité
des
conditions sociales et les risques irréversibles que la
légèreté et l'incompétence
de la
politique réduite au travestissement médiatique
font
courir à nos sociétés.
On
peut, certes, attendre que d'autres marquent le chemin du salut, en
espérant que les solutions proposées soient
pertinentes. Mais rien ne se fera sans l'adhésion populaire.
Autant commencer, ici et maintenant, avec la modestie
qu'impose l'espace restreint où nous vivons.
C'est le but que le Cercle Chaussy se fixe aujourd'hui. Il invite tout un chacun au dialogue et propose comme thèmes principaux pour 2008-2009 :
La France, l'Europe, l'OTAN, où va la Défense nationale ?
Un parti socialiste : pour quoi faire ?
Une économie à la recherche de son équilibre et de l'équité sociale ?
L'environnement, grande cause mondiale, un an après le Grenelle de l'automne 2007 ?
D'ores et déjà, des intervenants de haut niveau ont accepté d'animer les débats du Cercle dont les soirées-débats auront lieu chaque fois dans une ville différente de Seine-et-Marne.
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Le bureau du Cercle pour 2007-2008 :
Président :
Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, député honoraire de Seine-et-Marne.
Vice-présidents :
Jacky Laplace,
conseiller général
de Melun-nord, questeur de l'assemblée
départementale.
Chargé de la trésorerie :
Jacques Pontonne, petits-fils d'Arthur Chaussy, maire-adjoint de Pamfou.
Secrétaire général :
Alain Coulamy, ouvrier des Monnaies et Médailles.
Secrétaire général adjoint :
Alain Gaxatte, enseignant.
Trésorier adjoint :
Sébastien Podevyn : cadre territorial.
Membres :
Micheline Maréchal, Martine Turgis, André Alcheik, Jean-Pierre Biaggini, Michel Bisson, Dominique Carotine, Christian Cibier, Alain Gaxatte, Yves Régnier, Philippe Sainsard.
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ARTHUR CHAUSSY, L'UN DES QUATRE-VINGTS
La vie exemplaire d'élu républicain.
Ouvrier tailleur de pierre, originaire du Gâtinais, Arthur Chaussy, né en 1880, appartient dès son adolescence à la classe ouvrière dont il deviendra au fil des années l'un des militants les plus actifs et les plus déterminés.
Il s'engage très tôt dans l'action revendicative, aide au groupement des ouvriers dans un secteur industriel encore embryonnaire en Seine et Marne, ainsi qu'à la syndicalisation des ouvriers de l'agriculture aux salaires et aux conditions de vie misérables.
Il adhère bientôt au parti socialiste, unifié pour la première fois de son histoire depuis 1905. En 1919, il est élu député pour la première fois dans un département où les socialistes ne détiennent encore qu'un très petit nombre de communes et sont privés de toute représentation au Conseil général.
Lorsque trois ans après la Révolution d'octobre, les partis socialistes européens sont mis en demeure d'adhérer à la Troisième Internationale et de se constituer en partis communistes, Arthur Chaussy contre l'avis de l'écrasante majorité des adhérents seine-et-marnais refuse la scission décidée en décembre 1920 au congrès de Tours.
Il reste fidèle au parti socialiste dont il entreprend aussitôt la reconstruction dans son département.
Il mène au Palais Bourbon une action énergique et ferraille avec les militants communistes qui n'apprécient guère la fermeté de ses convictions. En 1928, ils appliquent brutalement la tactique « classe contre classe » et plutôt que se désister aux élections législatives en faveur de Chaussy arrivé largement en tête à gauche, favorisent l'élection d'un notable réactionnaire en maintenant leur candidat au second tour de scrutin.
Écarté pour un temps de la Chambre des députés, Chaussy démultiplie alors son action sur le terrain, notamment dans la région de Brie-Comte-Robert, chef lieu de canton où il est élu maire.
Réélu en 1932 et 1936, ses nombreuses interventions parlementaires touchent à peu près à tous les aspects de la situation politique et sociale, à la défense de la paix et de l'arbitrage international des conflits. Il contribue particulièrement à l'amélioration du sort des ouvriers agricoles en faisant voter une loi qui interdit désormais aux gros fermiers de loger leur personnel « à la paille », dans les étables et les écuries.
Arthur Chaussy jouit alors d'une immense popularité. Il effectue modestement ses tournées à bicyclette et il lui arrive, quand personne ne peut le loger, de se reposer parfois quelques heures dans les meules de blé qui parsèment la campagne !
En 1940, le député Chaussy refuse de laisser tomber la République entre les mains de ceux qui se préparent à négocier avec l'envahisseur nazi, avant de collaborer avec lui. Avec 79 collègues du Sénat et de la Chambre des députés, il refuse les pouvoirs demandés par Laval pour légitimer le renversement des institutions et installer Pétain au pouvoir.
Maire de Brie-Comte-Robert, il fait enterrer publiquement et aux frais de la commune plusieurs soldats français noirs que les troupes allemandes fanatisées par l'hitlérisme, avaient fusillés contre toutes les lois de la guerre.
Lorsque le gouvernement supprime l'élection des maires dans les communes de plus de 5000 habitants, le préfet de Seine-et-Marne, discrètement favorable à la résistance, propose de « nommer » Chaussy à Brie. Il s'attire une fière réponse : « Les conditions qui me sont imposées me semblent de nature à porter atteinte à l'indépendance de ma conscience en m'imposant un désaveu de mon passé. Il m'est impossible d'accepter les fonctions de Maire nommé après avoir exercé pendant dix ans celles de Maire élu au suffrage universel ».
Rendu à la vie privée, Chaussy soutient discrètement ceux qui, de plus en plus nombreux en Seine-et-Marne, plongent dans la clandestinité. A la Libération, il se range parmi les sages qui souhaitent que l'épuration ne se trompe pas d'objectif et frappe de préférence les hauts personnages, fonctionnaires ou non, qui après avoir collaboré sont passés à travers les mailles complaisantes du filet judiciaire.
Cette modération ne plaît guère à certains « résistantialistes » qui avaient, dès avant la seconde guerre mondiale, contesté l'action de Chaussy, sans faire eux-même la preuve de leurs compétences militantes.
Chaussy, malade du cancer qui devait l'emporter bientôt, est alors victime d'une cabale peu loyale qui parvient, en toute illégalité, à le faire exclure du parti socialiste. Cette mesure, prise localement, paraît si scandaleuse que Léon Blum et Daniel Mayer réintègrent aussitôt Chaussy. Mais le mal est fait. Chaussy s'éteint en décembre 1945.
Léon Blum écrira de lui : « Il était un compagnon sûr et inébranlable, un ami invariablement fidèle, un coeur simple, vaillant et chaud. Puissent ce nom et ce souvenir inspirer à ceux qui viendront après lui la même foi et la même abnégation ».
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